Le futur de l’alimentation à l’école secondaire Sir Guy Carleton

Le futur de l’alimentation à l’école secondaire Sir Guy Carleton

Préparer et manger de la bonne bouffe est une tradition qui perdure depuis longtemps à l’école secondaire Sir Guy Carleton, située dans l’ouest d’Ottawa. Depuis 35 ans, le programme culinaire complet enseigne aux élèves l’ABC de l’industrie culinaire. Dans une grande cuisine industrielle, des chefs cuisiniers formés, qui ont travaillé au sein de l’industrie, utilisent leurs connaissances et compétences concrètes pour bonifier leurs leçons. Chaque élève à la chance de participer au programme culinaire lors de leur passage à l’école. Il y a actuellement 100 élèves qui prennent part au programme d’arts culinaires, dont 28 sont inscrits dans le programme avec une majeure spécialisée visant à développer des aptitudes élevées. Ce programme permet aux élèves de centrer leurs efforts sur des cours culinaires pendant leurs années de scolarité à l’école. On prépare les élèves à travailler au sein du secteur de la restauration dès la fin de leur secondaire ainsi qu’au programme d’arts culinaires du collège Algonquin.

Brad Larabie, un ancien élève, assure la gestion des programmes de la cafétéria et des petits-déjeuners, qui permettent aux élèves de se familiariser avec la préparation quotidienne de nourriture, puisque les plats sont cuisinés et servis par les élèves. Le programme culinaire offre également des services de traiteurs, y compris pour de délicieux soupers pour des aînés du quartier et pour les réunions du conseil scolaire du district d’Ottawa Carleton.

En plus de la préparation des plats, les élèves de Sir Guy Carleton peuvent également en apprendre plus sur la production alimentaire. Le programme Green Industries (industries vertes) de l’école existe depuis 30 ans dans leurs serres chauffées. L’enseignant de science Derek Brez et l’enseignant responsable du programme Green Industries, Alan Abbey, ont décidé il y a 6 ans de réorienter le programme, délaissant la floriculture et la production de plantes décoratives pour se concentrer sur le maraîchage. Ils ont également fait acte de foi et ont transformé leur système de serres en un système de culture aquaponique, ce qui a permis à leurs élèves de développer de nouvelles aptitudes.

Avant d’installer ce système, Alan et Derek se sont inspirés de Stephen Ritz, un enseignant novateur du Bronx, lors d’une séance de formation de 3 jours à Guelph, en Ontario, auquel les deux enseignants de Sir Guy Carleton ont participé. Des professionnels de partout en Amérique du Nord y étaient rassemblés. Un système aquaponique rassemble l’aquaculture, la pisciculture et l’horticulture. Les sous-produits des poissons fournissent aux plantes leurs éléments nutritifs, et les plantes nettoient l’eau pour les poissons. Derek indique que la culture aquaponique « augmente considérablement la vitesse de croissance des légumes » et est « plus durable puisqu’elle utilise 90 % moins d’eau. »

Chaque année à l’école Sir Guy Carleton, 100 élèves suivent les cours Green Industries et en apprennent plus sur l’agriculture durable. Ils font pousser des herbes et des légumes à feuilles vertes, des tomates et d’autres légumes. Ils font également pousser du basilic extraordinaire, qui est vendu à Urban Element, une école culinaire locale qui l’utilise dans ses programmes. Le propriétaire Carley Schelck dit qu’il faut tisser plus de liens, et des liens plus forts, entre les entreprises locales et les écoles. Des partenariats mutuellement avantageux comme le leur ont des répercussions à long terme. Urban Element peut non seulement se procurer des légumes à feuilles vertes et du basilic frais et cultivés localement pendant l’hiver, les enseignants de Sir Guy Carleton peuvent également permettre à leurs élèves de développer des compétences en entrepreneuriat concrètes et de gagner un revenu, qui est réinvesti dans le programme.

L’école Sir Guy Carleton est passée maître dans l’art de la collaboration communautaire. Le programme Green Industries a collaboré avec la société horticole de Nepean, pour tirer parti de leurs connaissances en matière de plantes, avec SunTech Greenhouses, pour leur expertise dans le domaine des affaires, et le Collège Algonquin. Derek cherche toujours à créer de nouveaux partenariats puisqu’il pense que le programme est encore jeune et qu’il peut croître énormément. Dernièrement, Derek et Alan tentent d’établir un partenariat avec la ferme Maple Hill, une ferme urbaine au sein de la ceinture verte d’Ottawa, afin d’établir un jardin de plantes indigènes comestibles.

Cette année, le programme Green Industries s’est lancé à l’eau et a offre un programme spécialisé en exploitation agricole urbaine, une première pour la ville d’Ottawa. Dès 2018, un groupe d’élèves axeront leurs études secondaires sur l’apprentissage de l’exploitation agricole en zone urbaine. Derek est un ardent défenseur des systèmes alimentaires durables et est impatient de pouvoir faire connaître aux élèves les outils et méthodes utilisés dans l’agriculture urbaine comme solution alternative à l’agriculture industrielle. Le programme axe ses efforts sur les potagers en façades, les systèmes aquaponiques et hydroponiques, ainsi que la culture en sol. Les élèves en apprendront plus sur les défis reliés à la sécurité alimentaire tout en soulignant les systèmes alimentaires locaux.

Derek et Alan visent haut. Puisque l’école est une école secondaire de formation professionnelle, ils peuvent, et surtout veulent, prendre plus de risques qu’une école secondaire habituelle. Ils recherchent des occasions qui leur permettent d’élargir la portée du programme spécialisé en exploitation agricole urbaine pour y ajouter des programmes d’alternance travail-études avec des compagnies d’aménagement de paysage comestible et d’autres entrepreneurs en agriculture urbaine. Ils cherchent également à créer des partenariats avec des experts du milieu du marketing et de la promotion de produits agricoles afin de permettre aux élèves de découvrir cet aspect de l’industrie agricole. Derek souhaite également les voir travailler au sein de la communauté. Il espère pouvoir tisser des liens avec des écoles élémentaires où ses élèves pourraient transmettre leur savoir aux jeunes enfants.

Derek croit que l’un des plus grands avantages du programme de spécialisation en exploitation agricole urbaine est que les participants « auront développé, au cours du programme, des compétences que d’autres écoles ne permettent pas aux élèves d’acquérir. » Cela permettra aux élèves d’envisager une carrière unique qui conduira, espérons-le, au développement du secteur de l’agriculture urbaine à Ottawa.

 

Texte : Allegra Newman

Photos : Allegra Newman

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