Nourrir le corps et l’esprit des élèves à l’école élémentaire publique Mauril-Bélanger

Nourrir le corps et l’esprit des élèves à l’école élémentaire publique Mauril-Bélanger

La vie des 200 élèves de l’école Mauril-Bélanger a commencé à changer en 2016 avec l’arrivée de leur nouvelle directrice. En effet, Caroline Johnston a su infuser son nouveau rôle de son ambition visant à nourrir le corps et l’esprit de ses élèves. Au cœur de ce plan se trouve un désir de favoriser les liens entre l’école et la communauté locale, afin d’adopter une approche plus large en matière de développement de l’enfant.

Située dans le quartier de Vanier, l’école Mauril-Bélanger est une petite école publique francophone fréquentée par des enfants des quartiers avoisinants qui font face à de nombreux défis. Toutefois, lorsque Caroline observe l’école, les élèves et les quartiers environnants, elle ne voit pas les défis qui se posent, mais plutôt toutes les occasions qui se présentent pour créer des expériences qui peuvent exercer une influence durable sur la vie de ses élèves. Le revenu moyen des familles des élèves s’élève à 22 000 $/année, ce qui veut dire que plusieurs familles ont des choix difficiles en matière d’alimentation. Caroline croit fermement que les enfants ne peuvent pas apprendre s’ils ne mangent pas à leur faim. Elle croit également que les écoles peuvent, et doivent, jouer un rôle essentiel pour offrir des aliments nutritifs à ceux qui sont dans le besoin.

Puisque plusieurs élèves n’ont pas accès à des fruits et légumes frais, Caroline a commencé par offrir un bol de fruit dans chaque classe. Elle s’est ensuite tournée vers le dîner; une fois par semaine, un groupe de personnes âgées de la communauté prépare une soupe nutritive et délicieuse pour toute l’école. La soupe en trop est distribuée aux banques alimentaires locales. La directrice dit que de partager de la bonne bouffe renforce la communauté. Dans un proche avenir, elle espère pouvoir améliorer le programme de petit déjeuner, pour passer d’une approche de repas à emporter à un modèle où les élèves s’assoient pour manger, ce qui leur permettrait d’interagir pendant qu’ils mangent. Elle a déjà aidé le coordonnateur du programme de petits déjeuners à intégrer du lait et des œufs frais au menu, et elle espère que la variété de choix alimentaires sains s’améliore dans les années à venir.

 

En 2016, l’école Mauril-Bélanger a également accueilli Elyse Robertson au poste de coordonnatrice communautaire. Elyse est une enseignante qui possède de l’expérience en matière d’organisation communautaire. Elle a déjà travaillé dans le quartier et a une passion pour les enjeux alimentaires en milieu scolaire. Son mandat s’inscrit dans le cadre d’un projet pilote, et il vise à apporter la communauté au sein de l’école et apporter l’école dans la communauté, créant ainsi une chaîne où le curriculum est lié aux familles, qui, elles, sont liées à la communauté, qui est à son tour liée à l’école.

L’école Mauril-Bélanger possède plusieurs ressources, dont une cuisine complète et de bonne taille (une denrée rare dans les écoles élémentaires d’Ottawa) et douze bacs de jardinage extérieurs. Les étudiants plantent le jardin au printemps et pendant l’été, des jeunes à risques, qui font partie du programme estival, s’occupent des plantes et récoltent certains aliments. À l’heure actuelle, un groupe de parents planifient un nouveau jardin dont la construction est prévue au printemps 2018.

Des petites entreprises, dont les propriétaires sont engagés, entourent l’école. Elyse souhaite créer des liens avec ceux-ci puisque, selon elle et Caroline, un sentiment d’appartenance à leur communauté pourrait offrir aux élèves davantage de soutien à l’extérieur de l’école quand ils en ont besoin. Elyse rêve également de créer un programme d’entrepreneuriat social à l’école qui permettrait aux élèves de cultiver des jeunes pousses et de les vendre aux propriétaires d’entreprises locales pour amasser des fonds pour les programmes scolaires et mieux les faire connaître.

Les élèves de l’école Mauril-Bélanger créent également des liens avec leur communauté par le moyen du bénévolat. Bien que les besoins de l’école soient élevés, Caroline et Elyse croient qu’il est important que les enfants viennent en aide à leur communauté. Les élèves de cinquième et sixième année visitent régulièrement la banque alimentaire locale et ont déjà cuisiné de la soupe pour ceux qui fréquentent cet établissement.

 

L’école Mauril-Bélanger dispose également d’une autre ressource formidable : la diversité de la collectivité scolaire. Plus de 24 différentes origines culturelles sont représentées au sein de l’école, ce qui représente une multitude de traditions culinaires diverses et saines. Chaque année, un souper communautaire multiculturel représente un évènement phare de l’année scolaire où des familles de l’école préparent une fête gastronomique avec des mets de partout dans le monde. Caroline et Elyse se demandent ce qui empêche les étudiants d’apporter des repas chauds et santé de la maison, repas qui représentent également les traditions culturelles de leurs familles. Elles pensent offrir des contenants isolants aux élèves et essaient de trouver des moyens de réchauffer des repas à l’école. Elles veulent changer la vision des familles en matière d’alimentation afin que les enfants n’apportent pas de repas malsains à l’école. Elyse et Caroline aimeraient qu’il soit plus facile d’offrir des repas préparés abordables et nutritifs à Ottawa. Si c’était le cas, est-ce que les parents qui paient pour un dîner pizza chaque semaine seraient prêts à payer pour des repas plus sains? L’activité de collecte de fonds récente « Fraîcheur de la ferme », qui a permis aux écoles d’amasser des sous pour les programmes scolaires en vendant des légumes de l’Ontario, a connu beaucoup de succès à l’école Mauril-Bélanger. Ce fut très encourageant et a permis de démontrer que les gens souhaitent avoir accès à des aliments abordables, frais et santé.

Caroline et Elyse sentent que le travail est à peine entamé. Elles cherchent de nouveaux moyens pour encourager l’alphabétisation alimentaire ainsi que des occasions pour permettre aux élèves et leurs familles d’améliorer leurs compétences culinaires. Avec tous les projets qu’elle met en œuvre, l’école Mauril-Bélanger est une étoile montante. Grâce à un personnel enthousiaste qui se passionne pour les programmes scolaires qui traitent de bonne bouffe, et à la multitude de possibilités au niveau local qui ne demandent qu’à se réaliser, l’école est certainement destinée à accomplir des projets innovants et inspirants.